La "doxa" ou version officielle

La lecture des moteurs de recherche ou d'ouvrages généralistes présente à l'internaute la version d'une Victoire indiscutable de la Résistance après un engagement de grande ampleur !

Quelques extraits significatifs :

  • « Un remarquable monument élevé à la ferme dite « de Viombois » nous rappelle le sacrifice d'une poignée de résistants qui lutteront toute une journée contre l'occupant à un contre dix. A l'issue de ce terrible combat qui fera date dans l'histoire de la résistance, dans leurs rangs, ils dénombrent cinquante-sept tués mais obligent l'assaillant à battre en retraite en laissant plus de cent trente morts sur le terrain. » (http://histoire-neufmaisons.pagesperso-orange.fr)

  • « Ils attendent à la ferme de Viombois un parachutage d'armes prévu pour la nuit suivante. Mais les allemands les encerclent très vite. Sous le commandement de René RICATTE, alias le Lieutenant Jean Serge, ils font face à l'ennemi. Ils sont inférieurs en nombre, mal équipés, mal entraînés face à une armée solidement armée et expérimentée. Cependant ils réussissent quand même à rompre l'encerclement et l'armée allemande doit se résigner à battre en retraite. » (http://www.histoire-lorraine.fr)

  • « Cette incroyable histoire de 800 hommes, dont à peine un tiers était armé et qui a pu tenir en échec trois bataillons allemands. Une victoire de la résistance, certes, mais un vrai massacre humain, avec 57 hommes [français NDLR] morts à Viombois et près de 350 morts ou disparus en représailles dans les jours qui ont suivi. » (site de la ville de Badonviller)

  • « La bataille de Viombois : septembre 1944, des résistants sans armes et sans expérience se battent contre 2000 soldats allemands. » (www.christian.belala.fr)

  • « Le 4 septembre, il y aura de nombreuses altercations avec de petits groupes d'allemands placés en embuscade. Leurs localisations fait (sic) comprendre aux cadres du maquis qu'ils sont encerclés. A 13h30 les Allemands (la Wehrmacht et des éléments de la Luftwaffe) lancent le 1er assaut sérieux (il y a toujours entre 600 et 700 personnes qui ne sont pas armées !) qui est repoussé par les hommes aguerris de la 1re centurie. Un 2e assaut sera vite repoussé, puis un 3e vers 19h30 (un groupe d'allemands arrivés en rampant, la baïonnette au canon). A 20h55, un nouveau groupe d'une douzaine d'hommes repasse à l'attaque et sera également repoussé. Toutes ces actions se passent dans une ambiance de fusillade continue. A 21h10, les allemands tirent une fusée verte, les combats cessent aussitôt et les troupes allemandes se retirent. Bilan de cette journée : 30 000 cartouches tirées par le maquis, 134 morts et 182 blessés du côté allemand, 57 tués du côté du maquis. » (wikipedia, maquis des Vosges)
  • etc ...


Toutefois, nous avons relevé sur le site du CERD-Struthof (Centre Européen du Résistant Déporté), un texte beaucoup moins affirmatif. Il figure dans la notice concernant Pierre CERUTTI, figure locale du GMA Vosges :

  • « Les maquisards en armes bien que beaucoup moins nombreux, se battent avec héroïsme et à la nuit tombée l'ennemi décide de rompre le combat. On dénombre 57 maquisards tués. Les pertes allemandes sont toujours inconnues. » (www.struthof.fr) 

Comme pour les Glières, le Mont Mouchet, la Piquante Pierre et certains maquis bretons, faut-il en rester à une version intangible écrite dans la douleur et les accommodements de l'après-guerre ?